Depuis quelques mois, la France affronte des défis économiques, sociaux et géopolitiques majeurs qui exigent de la clarté, de la responsabilité et des compromis. Après des mois d’instabilité politique, j’ai eu à cœur, en tant que parlementaire, de défendre vos intérêts dans le cadre du budget 2026 afin d’investir pour l’avenir et de préparer des perspectives d’espoir pour notre territoire et notre jeunesse. Les débats budgétaires sont denses, parfois tendus, et les équilibres politiques plus instables que jamais. Dans ce contexte, j’ai veillé à garder un cap clair. J’ai ainsi défendu vos priorités, en portant une action constructive, transpartisane et tournée vers l’avenir dans un esprit de responsabilité et de sobriété budgétaire.
Nous faisons actuellement face à une situation budgétaire complexe et particulièrement fragile. À la fin du premier trimestre 2025, la dette publique française atteignait 3 345,8 milliards d’euros, soit 114 % du PIB. Avant la pandémie de Covid-19, elle représentait 97,9 % du PIB. Chaque seconde, notre dette s’alourdit d’environ 5 000 euros. La charge de cette dette est également devenue un poste de dépense majeur. Cette année, elle s’élève à environ 55 milliards d’euros, soit 9,5 % du budget de l’État, et a doublé en volume depuis 2020. La dette française reste ainsi bien au-dessus de la moyenne de la zone euro, et se place désormais derrière la Grèce et l’Italie. Face à cette réalité, il est indispensable de ne pas hypothéquer l’avenir.
Pour autant, la France a besoin de s’engager résolument dans les transitions démographique, écologique, agricole, industrielle. Il est donc nécessaire de dégager des marges d’investissement dans celles-ci, ainsi que dans des services publics forts, qui sont nos biens communs et les héritiers de décennies de luttes sociales et collectives.
C’est cette recherche d’équilibre entre mener des combats nécessaires et faire preuve de responsabilité budgétaire qui est ma boussole.
Dans ce contexte, l’Assemblée nationale a examiné en première lecture 7 326 amendements dans le cadre du Projet de loi de finances pour 2026, et 2 639 amendements pour le Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2026. Pour ma part, je me suis concentrée de manière responsable sur quelques sujets défendus en cohérence avec vos priorités, tout en effectuant un travail de fond avec les acteurs de chaque secteur.
Plusieurs mesures importantes ont été adoptées en première lecture à l’Assemblée nationale. Je continuerai à les défendre tout au long des débats budgétaires.
Les orientations que j’ai présentées et soutenues personnellement :
- J’ai défendu une mesure transpartisane visant à créer un crédit d’impôt pour la mécanisation collective en agriculture, destiné aux agriculteurs qui mutualisent leurs matériels au sein des CUMA. Cet amendement est entièrement financé, grâce à une légère baisse d’exonération fiscale, et est issu d’un travail direct avec les CUMA de notre territoire. C’est un combat transpartisan que j’ai été fier de voir adopté à l’unanimité en première lecture devant l’Assemblée nationale et le Sénat. Cette mesure est la première étape pour une mécanisation plus juste et viable !
- Dans la continuité de mes travaux sur l’agriculture, j’ai défendu une mesure, travaillée avec les Jeunes Agriculteurs, visant à éviter l’imposition injustifiée de jeunes installés sur des plus-values générées avant leur arrivée dans une société agricole. Dans un contexte de renouvellement des générations particulièrement difficile, cet amendement apporte une réponse concrète et très attendue par notre jeunesse.
- J’ai également soutenu la prolongation jusqu’en 2028 du crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique, en cohérence avec la fin des paiements de la PAC 2023-2027 qui sera échelonnée au cours de l’année 2028.
- Enfin, j’ai déposé un amendement visant à réduire l’écart entre le salaire brut et le salaire net, pour que le travail paie enfin mieux. Cette idée s’inspire des travaux d’Antoine Foucher. Sur 100 euros gagnés, les travailleurs ne conservent en moyenne que 54 euros. Plus frappant encore, pour financer les dépenses croissantes de santé et de protection sociale, le travail est huit fois plus taxé que l’héritage, trois fois plus que les retraites et une fois et demie plus que les dividendes. L’idée d’Antoine Foucher, que je soutiens pleinement, consiste à repenser le financement de notre protection sociale à travers une légère hausse de la TVA sur certains produits permettant de diminuer les cotisations des travailleurs. L’U2P soutient également cette proposition, afin de redonner aux Français l’envie de travailler face à un pouvoir d’achat stagnant. La TVA sur les produits de première nécessité serait quant à elle réduite afin de garantir une justice et une équité sociale plus fortes. Je continuerai à défendre cette mesure juste et sociale, qui permettra à nos travailleurs de travailler dignement et de bénéficier d’un pouvoir d’achat à la hauteur de leurs efforts.
J’ai également soutenu les propositions phares de mon groupe Les Démocrates :
Ensemble, nous avons soutenu et fait adopter en première lecture le maintien de la contribution sur les très hauts revenus tant que le déficit français dépasse les 3 %, ainsi que la création d’un impôt sur la fortune improductive, ciblant les patrimoines qui ne sont ni investis, ni utilisés dans l’économie. Concrètement, l’amendement substitue l’ISFI à l’actuel IFI, en élargissant l’assiette aux actifs improductifs, notamment certaines liquidités et assurances-vie non investies dans l’économie réelle, les actifs numériques et certains biens de grand luxe, tout en exonérant les résidences principales, dans la limite d’un million d’euros. Notre objectif est de distinguer le patrimoine qui soutient l’économie réelle de celui qui ne la finance pas et entretient des situations de rente, afin d’encourager l’investissement utile. Ces mesures sont proportionnées et justes, dans une période budgétaire exigeante.
Nous avons ensuite défendu plusieurs mesures fiscales dans un souci de rationalisation de la dépense publique et de justice fiscale, enjeux particulièrement importants dans le contexte actuel. Ainsi, nous avons proposé :
- La suppression de la niche donnant la possibilité pour les entreprises de déduire du résultat imposable, sur cinq ans, le prix d’acquisition d’œuvres originales d’artistes vivants et d’instruments de musique. Cette mesure constitue un manque à gagner pour l’État estimé à environ cinq millions d’euros par an.
- La suppression de l’exonération d’impôt sur la plus-value réalisée lors de la première cession d’un logement situé en France par des personnes physiques non résidentes, ressortissantes d’un État membre de l’Espace économique européen, dans la limite de 150 000 € de plus-value nette imposable.
- Le resserrement du périmètre des secteurs d’activité éligibles au crédit d’impôt recherche (CIR), en y excluant le secteur financier.
- L’amélioration du rendement de la taxe sur les petits colis expédiés en France aux particuliers, en triplant son montant et en l’élargissant aux colis d’un poids inférieur à 2 kilos.
Par ailleurs, nous avons également proposé et défendu plusieurs mesures relatives aux holdings patrimoniales. Parmi elles figurent l’instauration d’une taxe sur leur patrimoine financier, ainsi qu’une réforme du pacte Dutreil introduisant un cadre d’âge pour les donataires et garantissant qu’au moins l’un d’entre eux ait entre 18 et 60 ans au jour de la transmission. Ce critère simple et équilibré permet de favoriser une reprise active de l’entreprise, tout en évitant les transmissions purement patrimoniales sans véritable projet entrepreneurial.
Avec mes collègues, nous avons fait adopter en première lecture plusieurs amendements relatifs aux enjeux énergétiques. Le premier vise à suspendre la hausse fiscale prévue sur les biocarburants afin de permettre une concertation approfondie, intégrant l’ensemble des impacts et tenant compte des futures évolutions du cadre réglementaire européen. Puis, le second permettra d’encourager et de valoriser la production d’hydrogène renouvelable et bas-carbone produit en France pour le processus de raffinage ou comme carburant, dès 2026.
Enfin, j’ai soutenu une mesure transpartisane sur un enjeu essentiel pour notre territoire. Cette dernière vise à rétablir à 40 % les plafonds de remises commerciales accordées aux pharmacies sur les médicaments génériques et biosimilaires, annulant ainsi les baisses prévues par l’arrêté du 4 août 2025. Cette disposition permet de préserver l’équilibre économique des officines, en particulier dans les zones déjà fragilisées par la désertification médicale.
À travers l’ensemble des amendements que j’ai défendus, j’ai eu à cœur de porter vos préoccupations et de contribuer à une société plus juste, plus équilibrée et plus solidaire pour nos agriculteurs, nos commerçants, nos travailleurs et pour chacun d’entre vous. J’espère désormais que ces propositions seront définitivement adoptées lors du vote des deux projets de loi d’ici la fin de l’année. D’ici là, je vous souhaite à toutes et à tous une très belle fin d’année 2025.


